BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE

1938b WILLAM L. BROWN

EXTRAIT


78                     Bulletin de la Société entomologique de France.

La position systématique de cette espèce est assez difficile à préciser, ce-
pendant d'après l'ensemble de ses caractères c'est du sous-genre Trichapho-
dius qu'elle se rapproche le plus. D'après une note manuscrite de M. A. Bouco-
mont, c'est du reste dans ce sous-genre que celui-ci la rangeait. Aphodius
Jeanneli est la première espèce de Coprophage d'Afrique dont la pholéo-
tjiose soit établie. Plusieurs espèces américaines et sibériennes des genres
Euparia, Ataenius et Aphodius sont par contre connues pour être inféodées
à des Mammifères : Arctomys en Sibérie, Neatomys en Amérique du Nord,
Clenomys en Argentine, et à un Reptile : Gopherus en Floride.

Il n'existe aucun rapport systématique direct entre ces formes qui, du reste,
ne présentent pas de caractères adaptatifs évidents.

Notes sur quelques Ponera Latr.
par F. Santschi.

Ponera petri Forel. — Comme l'écrit Forel, cette forme se rapproche
beaucoup de sulcatinasis Sants., mais le sillon del' épistome est moins net et
souvent en partie effacé.

Profil du thorax et du pédoncule de : 1. Ponera lea Sants. — 2. P. (Hypoponera)
Jeanneli Sants. st. abyssinica Sants.

Victoria Nianza, Arcip. di Sesse. Bugala, 1908 (Dr E. Bayon) 2 [[worker]] commu-
niquées par M. C. Menozzi.

Ponera boerorum For. = (P. coarctata r. boerorum, Rev. Suisse Zool.,
IX [1901], p. 339).

Cette race mérite de passer au rang d'espèce. Outre les caractères diffé-
rentiels indiqués par Forel, il faut ajouter que la tête est nettement trapé-
zoïdale, plus étroite devant. Les scapes sont loin d'atteindre le bord postérieur
de la tête, il s'en faut d'environ leur épaisseur. L'angle de l' épinotum est
beaucoup plus arrondi. Le sillon frontal, d'autre part, n'est pas sensiblement
plus long que chez coarctata. D'après un cotype reçu autrefois de Forel.


Mars 1938.

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Ponera lea Sants. (Rev. Zool. afric, XXX [1937], p. 73). — Cette
espèce est voisine de P. cognata Sants. Elle s'en distingue toutefois par ses
mandibules un peu plus courtes, aux 4e à 5e dents antérieures plus grandes
(denticulées chez cognata), la tête plus large, l' épistome plus nettement
caréné, le scape plus court, le tout plus luisant. Dans la figure accompagnant
la description de P. lea, la suture promésonotale de la vue de profil est mal
venue, je donne ci-inclus une figure rectificatrice.

Hypoponera, subgen. nov. — Les espèces du genre Ponera devenant de
plus en plus difficiles à classer, je pense que le moment est venu de scinder ce
genre en deux groupes : l'un présentant une suture mésoépinotale bien dis-
tincte (sg. Ponera) et l'autre chez lequel cette suture s'efface sur le dos,
bien que, parfois, le thorax soit plus ou moins rétréci à ce niveau (sg. Hy-
poponera). Si cette dernière coupe n'est peut-être pas très naturelle, elle a
du moins le mérite de son utilité. Le type en est P. Abeillei André.

Voici la liste des principales espèces :

Afrique. — P. Abeillei André et var. camerunensis Sants., P. orba,
Em., P. myrmicariae Wasm., P. natalensis Sants. ( = P. coarctata var. nata-
lensis Sants.), P. inaudax Sants., P. coeca Sants., P. Traegaodhi Sants.,
P. ursa Sants., P. Jeanneli Sants. et st. abyssinica Sants.

Asie et Océanie.— P. scabra Wheel., P. japonica Wheel., P. pa-
puana Em., P. Biroi Em. ; P. clavicornis Em.

Amérique. —P. collegiana Sants., P. Reichenspergeri Sants., P. tri-
gona Mayr. (La P. convexiuscula Forel, rattachée par cet auteur à trigona
comme sous-espèce, ainsi que la var. nautarum Sants. d'Océanie font
partie du sous-genre Ponera, en raison de leur suture mésoépinotale bien
développée dorsalement.)

Ponera (Hypoponera) madecassa, n. sp. — [[worker]] Long. : 3,5 mm. Brun rous-
sâtre, moyen. Appendices plus clairs avec la massue antennaire rembrunie.
Tête d'un brun rougeâtre obscur avec une tache et l'épistome plus rougeâtres.
Tête mate, aussi finement ponctuée que chez P. punctatissima. Thorax et
abdomen luisants avec une ponctuation à peine plus marquée que chez cette
espèce. La pubescence, très courte et dense sur la tête, devient un peu plus
longue et espacée sur les appendices et le reste du corps. Quelques poils dres-
sés vers la bouche et le dessus du gastre.

La tête ressemble beaucoup par ses contours et sa grandeur à celle de P.
coarctata Latr. Le sillon frontal est un peu plus court. Yeux réduits à une
facette qui peut manquer, placés vers le cinquième antérieur des côtés de la
tête. Lobes frontaux arrondis, séparés par le prolongement du sillon frontal.
Epistome caréné derrière, plutôt faiblement convexe devant, le bord anté-
rieur arqué. Mandibules armées de 8 denticules espacés, l'apical plus long ;
le bord terminal aussi long que le bord interne et son articulation réunis. Le
scape atteint le bord postérieur de la tête. Funicule progressivement épaissi


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du deuxième au dernier article. Celui-ci long comme deux fois et demi le pré-
cédent, lequel est plus de deux fois plus épais que long. Profil du thorax fai-
blement convexe jusqu'à la légère dépression métanotale, est droit derrière
celle-ci. Suture promésonotale nette, « la mésoépinotale effacée, mais indi-
quée par une petite impression superficielle. Pronotum un peu plus long que
large, non épaulé. Face basale de l'épinotum d'un quart à un tiers plus lon-
gue que large, transversalement convexe, la face déclive bordée, transversale-
ment concave, aussi longue que la basale avec laquelle elle fait un angle de
120°. Ecaille à peine un quart moins épaisse vers le sommet qu'à la base et
environ deux fois et demie plus haute qu'épaisse sur le profil, légèrement ar-
quée en avant. Vue de dessus, elle paraît aussi large derrière que longue au
milieu, plane derrière, convexe devant, avec la portion articulaire concave,
aux angles aigus, et large comme la moitié du bord postérieur. Postpétiole
aussi haut que l'écaille, un peu plus long que large au milieu, segment sui-
vant un peu plus large que long. Espèce très voisine de Jeanneli Sants.
Madagascar, 2 [[worker]] (Sadey). Communiqués par M. C. Menozzi.

- Ponara (Hypoponera) Jeannebi Sants. st. abyssinica, n.st. (fig.2).— [[worker]]
Long.3 mm. Diffère du type par son écaille plus mince et plus haute se rappro-
chant de celle de P. ursa Sants. Assez luisante. D'un brun jaunâtre plus foncé,
le gastre un peu plus clair. Tête d'un brun noirâtre et mat. Les appendices
jaunâtres. Pubescence à peine plus dense que chez Jeanneli, bien plus courte
que chez ursa. Thorax un peu plus convexe, pour le reste pareil.

$. Long. : 3,3 mm. Couleur, pilosité et sculpture de l'ouvrière. Tête rectan-
gulaire, à peine rétrécie devant (plus large derrière les yeux chez ursa), les
côtés presque droits mais rentrant un peu dans le cinquième postérieur ; le
bord postérieur droit, brèvement arrondi aux angles. Yeux d'un quart envi-
ron plus grands que leur distance au bord antérieur de la tête. Ocelles petits,
distants d'une fois et demie environ leur diamètre. Tiersantériéur du sillon
frontal large et profond, le reste superficiel et se prolongeant jusqu'à l'ocelle.
Thorax un peu plus court et convexe que chez punctatissima. L'écaille aussi
haute mais bien d'un tiers plus mince sur le profil. La fase basale de l'épi-
notum, vue de dessus, est plus étroite que l'écaille et fortement échancrée
derrière. Postpétiole aussi large derrière que long, plus étroit devant. Ailes
enfumées de jaunâtre avec les nervures jaune roussâtre.

Abyssinie, Scioa. Let Marefia, VII-87 (1 [[worker]], [[queen]] 2) Ragazzi). (Communiquée
par M. C. Menozzi.)

Race faisant passage à ursa par son écaille mais plus proche de Jeanneli
par ailleurs. La P. aethiopica For. est beaucoup plus petite, l'écaille plus
épaisse et les ailes hyalines.

Le Secrétaire-gérant A. Vachon.
Pierre André. Impr. Paris. — 1938.